Réforme de l’orientation post bac Une injustice pour nos élèves, une charge de travail supplémentaire pour les personnels

Réforme de l’orientation post bac
Une injustice pour nos élèves, une charge de travail supplémentaire pour les personnels

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L’instauration de la sélection à l’université.

Le  projet  de  loi  réformant  l’orientation  dans  le  supérieur  est  examiné  à l’Assemblée   nationale   depuis   le   12   décembre.   Prenant   prétexte   de l’instauration du tirage au sort dans certaines filières et des difficultés de certaines étudiant·es en licence, le gouvernement veut mettre en place une sélection qui ne dit pas son nom.

Les filières de licence dites en tension pourront ainsi refuser les demandes au vu des dossiers des élèves et des « attendus » que chaque section universitaire aura elle-même  définie.  Plus  généralement,  chaque  université pourra imposer  « un contrat de réussite » aux élèves sur ces mêmes bases. Si l’élève refuse ce contrat, il ne pourra pas accéder à l’orientation qu’il ou elle demande. Si l’élève accepte, rien ne garantit que l’université ne puisse pas l’exclure du cursus si elle estime que le contrat n’est pas rempli.

Pour la CGT Éduc’action, cette sélection est inacceptable. L’obtention du baccalauréat, 1er grade universitaire doit permettre à chaque élève d’accéder à la poursuite d’étude souhaitée.

La réponse aux réelles difficultés liées à l’orientation post bac doit être trouvée dans les moyens alloués à l’orientation, le recrutement de personnels universitaires en nombre suffisant pour satisfaire les demandes d’orientation mais aussi pour aider à la réussite de chacun·e en licence, en particulier pour des remédiations pédagogiques.

Au contraire, avec ce projet de loi, le gouvernement refuse d’assumer financièrement la démocratisation des études supérieures et s’en prend aux élèves issu·es de milieux populaires, en visant plus particulièrement bachelier·ères professionnelles et technologiques, alors même que les places en IUT et STS sont notoirement insuffisantes pour ces élèves.

Des enseignant·es et CPE de terminale surchargé·es.

Alors que la loi n’a pas encore été votée au parlement, le ministère de l’Éducation met en œuvre les mesures d’accompagnement dans la précipitation : annonce d’une première semaine de l’orientation en novembre-décembre, désignation d’un·e 2ème  professeur·e principal·e en terminale avant même de publier les textes leur permettant de toucher la part modulable de l’ISOE, mise en œuvre d’une

nouvelle plateforme pour remplacer APB… d’ici janvier.

Les personnels, en particulier les professeur·es principaux·ales, vont devoir, les 4 prochains mois, recenser les   vœux   des   élèves,   prendre   en   main   le   dispositif remplaçant APB, aider les élèves à s’y connecter, les aider à mettre en place leurs stratégies de vœux avec les nouvelles règles, collecter les « fiches avenir » et émettre un avis pour chacun des 10 vœux des élèves lors du conseil de classe du second trimestre.

Si l’aide à l’orientation fait partie des missions des enseignant·es, l’orientation doit demeurer entre les mains de personnels formés dont c’est le métier. Il ne saurait être question que les enseignant·es et CPE de terminale orientent leurs élèves à la place des Psy EN en nombre insuffisant alors que le ministère continue de fermer des CIO partout en

France.

CGT Éduc’action –  263 rue de Paris –  case 549 – 93515 Montreuil cedex Tél. : 01.55.82.76.55 –

E-mail : unsen@ferc.cgt.fr – internet : www.unsen.cgt.fr

Des personnels de lycée sur lesquels le ministère veut faire porter la sélection.

Les proviseur·es devront émettre un avis sur chacun des vœux des élèves à l’issue du conseil de classe du 2e trimestre. Cela veut dire que les enseignant·es de terminale devront participer, à leur corps défendant, à la sélection de leurs élèves à l’entrée de l’université.

Pour la CGT Éduc’action, le lycée doit être l’aboutissement d’une scolarité dédiée à la construction d’une culture commune et permettre les poursuites d’études dans le respect des vœux de chacun·e. Son rôle ne doit pas être de trier et de participer à la concurrence généralisée entre universités et entre élèves.

La CGT Éduc’action appelle donc les équipes pédagogiques de terminale à se réunir et décider de la conduite

collective à tenir, notamment en donnant un avis favorable pour tous les vœux d’entrée en licence.

Une réforme du baccalauréat et du lycée général et technologique dans le même esprit inégalitaire ?

Jean-Michel Blanquer a annoncé que la réforme de l’entrée à l’université serait suivie d’une réforme du baccalauréat

général et technologique.

La mission de réflexion qu’il a mise en place a d’ores et déjà annoncé vouloir réduire à 4 le nombre d’épreuves au bac en terminale au profit d’une grande part de contrôle continu.

Les fuites entretenues dans les médias laissent augurer la mise en

place d’un lycée « modulaire », avec 2 épreuves de spécialité, dessinant un système de plus en plus individualisé où une large part de l’enseignement général commun serait abandonné par certain·es élèves.

Ces annonces font craindre des disparitions de postes dans certaines disciplines, telles que l’histoire-géographie ou certaines langues  vivantes.  Elles  laissent  également  présager  une dégradation des conditions de travail que constitueraient la mise en place du Contrôle en Cours de Formation (CCF) comme l’ont déjà subi les enseignant·es de lycées professionnels ou des Contrôles en Cours d’Année (CCA) qu’ont « expérimentés » les enseignant·es de langue.

La CGT Éduc’action, refuse l’introduction du contrôle continu ou du CCF pour l’examen du baccalauréat  général  et  technologique  et  revendique  leur  suppression  au  profit  d’épreuves  ponctuelles nationales pour le baccalauréat professionnel. Elle est opposée au lycée modulaire et revendique au contraire un enseignement général commun à l’ensemble des filières avec des approfondissements dans les disciplines de chaque champ. Le baccalauréat doit demeurer le premier diplôme universitaire et conserver la même valeur quel que soit le lycée dont est issu l’élève.

Pour la CGT Éduc’action, il faut construire la mobilisation avec la jeunesse contre la sélection et cette réforme du baccalauréat. Elle appelle les personnels de lycées à se réunir, exprimer leur opposition à ces réformes et exiger :

–    L’abandon du projet de loi sur l’orientation en licence

–    Le refus de la sélection pour leurs élèves

–    Le maintien du baccalauréat, 1er  grade universitaire, sous forme d’examen national à

épreuves ponctuelles terminales

–    Une concertation pour réforme des lycées abrogeant la réforme Chatel et permettant un lycée plus égalitaire en rééquilibrant voies et filières.

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