La Chocolaterie de Bourgogne n’a pas dit son dernier mot

Aujourd’hui en liquidation judiciaire, la chocolaterie connue pour fabriquer les escargots de Bourgogne se bat pour trouver un repreneur.

Créée en 1921 par Lanvin, la Chocolaterie de Bourgogne a été rachetée près de huit fois entre 1978 et 2018.

La CGT, présente depuis 1968 dans l’entreprise, s’est battu à chaque fois avec une même ligne directrice : refus de la fermeture et reprise par une entreprise du monde du chocolat.

Le 3 juin dernier, la chocolaterie, fermée depuis février 2021, a accueilli les délégués du Congrès fédéral pour une journée de travail.

Une motion a été apportée à la mairie, afin d’interpeller les pouvoirs publics. « Notre outil de travail ne peut en aucun cas devenir une friche. Ce n’est pas parce qu’ils ont fermé qu’ils ont raison. Tout peut se reconstruire quand on a un projet. » commente Anita Binacchi, militante CGT, ex-salariée de la chocolaterie où elle a travaillé pendant 40 ans.

La CGT a ainsi rédigé un document alternatif, proposant de se baser sur les productions et savoir-faires existants pour une reprise viable.

Dimensionnée pour 500 salariés, l’énorme usine est en capacité de produire 40 000 tonnes par an. Les repreneurs ont tous été alléchés par les marques fabriquées ici, dont le fameux escargot de Bourgogne.

Chaque repreneur, après la cession de Nestlé à Barry Callebaut, a fait baisser le nombre de salariés, la qualité de vie au travail, et fait décliner une partie de l’usine par exemple en faisant le choix de ne plus fabriquer qu’un seul produit.

« À chaque fois, le système capitaliste a créé les conditions pour tirer un maximum de profits au détriment de l’usine et des salariés. » analyse Anita Binacchi.

En rachetant l’usine, Nestlé a ainsi essayé de réduire les coûts de l’escargot de Bourgogne en utilisant des ingrédients de moindre qualité. Les salariés se sont là aussi mobilisés pour revenir à la recette d’origine.

À chaque nouvelle étape de l’histoire de la chocolaterie, les salariés ont acquis de nouvelles compétences et se sont battus pour leur reconnaissance.
Aujourd’hui ils entendent bien interpeller les responsables politiques afin de trouver une solution. Et si le repreneur n’est pas un industriel, pourquoi pas l’Etat ?

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