Retrouvez l’intégralité du compte-rendu CGT EDUC Nantes du CSA Académique du 18 Mars 2025
PROJET de listes supports stagiaires (Temps plein) au 12 03 2025 dans l’académie
PROJET des listes supports stagiaires (Temps partiel) au 12 03 2025 dans l’académie
Déclaration liminaire de nos élu.es CGT
Mesdames, Messieurs les membres du CSA académique,
La mise en place d’une internationale d’extrême droite, soutenue par une partie du capital fait peser sur les travailleuses et les travailleurs des risques inédits. La CGT tient à réaffirmer toute sa solidarité avec celles et ceux qui sont en première ligne : les ukrainien·nes, les palestinien·nes, les nombreux pays qui subissent la suppression de l’aide au développement américaine. Les femmes et les minorités figurent parmi les premières pénalisées : la remise en cause du droit à l’IVG et à la contraception, des programmes de scolarisation et d’autonomie économique va pénaliser des millions de femmes, la décomplexion d’une parole raciste s’accompagne de politiques xénophobes et anti immigrés, l’identité des personnes LGBTQIA+ est niée…Les droits sociaux et environnementaux sont attaqués de plein fouet et le duo Trump/Musk veut imposer un choc de dérèglementation dont on voit d’ores et déjà les conséquences en Europe où la commission européenne, à la demande du patronat, remet en cause les directives sociales et environnementales existantes. La CGT alerte : pas question que la situation internationale ne soit instrumentalisée pour imposer l’austérité, les coupes dans les services publics et la remise en cause des droits et des libertés notamment syndicales. Nos services publics sont les piliers indispensables de la cohésion de nos sociétés. La CGT mobilisera les salarié·e·s pour défendre les services publics et l’industrie.
Pour y répondre il faut :
• Une redistribution des richesses pour faire progresser la justice en faveur de celles et ceux qui les produisent, principalement en augmentant les salaires et pensions et en abrogeant la réforme des retraites. Les fractures qui minent notre société font le lit de l’extrême droite, faire progresser les conditions de vie des salarié.e.s est la meilleure manière de faire reculer l’extrême droite.
• Mettre fin aux contraintes budgétaires du pacte de stabilité européen et permettre aux Etats de réaliser les investissements colossaux nécessaires à nos services publics, nos infrastructures et à la transformation environnementale sans dépendre des marchés grâce à des financements directs de la banque centrale européenne.
La CGT développera des initiatives en faveur de la Paix, en travaillant notamment avec la Confédération Européenne des Syndicats et la Confédération Syndicale Internationale à la construction d’un 1er mai très fort, qui place partout au coeur de ses luttes la Paix, la solidarité internationale et le progrès social et environnemental. Manifestement les annonces chaque année, des multiples ministres de l’Éducation se succédant, concernant un·e professeur·e pour chaque classe est un objectif que le ministère n’est pas capable d’atteindre.Quand sortira t – on de choix purement comptables et idéologiques, qui dégradent les conditions d’apprentissage des élèves, les conditions de travail des personnels, et créent des inégalités entre les élèves ? Une nouvelle fois nous tenons à réaffirmer notre opposition devant les fermetures de classe et les suppressions de postes d’enseignant·es. A propos de la voie professionnelle, la mise en place du Parcours Y, véritable usine à gaz calendaire et pédagogique est totalement laissée à l’appréciation de l’autonomie des établissements. L’organisation de parcours individualisés à la carte est source de stress pour les équipes et de doute pour les élèves. Face à ce parcours, la CGT ne peut accepter les formules toute faite de l’institution du style : « Faites au mieux ! », « Nous avons toute confiance dans les équipes », … Concernant la culture, nous ne pouvions omettre de parler du gel du Pass culture. Selon le gouvernement à quoi sert la CULTURE ? Manifestement à rien ! Inutile pour nos élèves ? Une aventure hasardeuse qui risque de les faire réfléchir ? Une néfaste entreprise d’ouverture sur le monde ? Nouvelle providentielle, depuis le 30 janvier le financement du pass culture – offre part collective (financement État) s’arrête soudainement pour cause de dépassement du budget, ce au titre de l’année scolaire 2024/2025. Nous voilà enfin épargné·es de toute action culturelle, notre seule préoccupation se résumera désormais à préparer les élèves à l’employabilité directe, à en faire de dociles futur·es travailleuses et travailleurs, sans aucun esprit critique.Des milliers d’élèves seront privés de ces différentes actions pourtant programmées dans le calendrier annuel. Nous y voyons là un mépris total à la fois pour les collègues engagé·es dans ces actions, et pour des élèves parfois très éloigné·es du culturel. Quelle importance de parler d’égalité, notamment d’égalité femme – homme ? Peut-être doit-on laisser certaines valeurs au bord du chemin… !!!
D’autre part, ce CSA se tient quelques jours après le 8 mars, journée internationale des droits des femmes. Cette journée a été indéniablement une réussite ce qui est important dans le contexte international où les idées d’extrême droite se développent dans beaucoup de pays, les droits des femmes étant systématiquement la cible de cette idéologie.
De même, la CGT Éduc’action se félicite de la future mise en place du programme EVARS, programme enrichi par de nombreuses propositions émanant des organisations syndicales lors du CSE du 29 janvier : on peut, en effet, se féliciter d’un programme qui promeut l’égalité et participe ainsi à l’éradication des violences de genre et à la construction d’une société égalitaire. Néanmoins, pour être efficace, l’ÉVARS nécessite des moyens dédiés. La CGT Éduc’action prend acte des annonces de la ministre sur la mise en place d’actions de formation à destination de l’ensemble des personnels et le soutien sans faille de l’administration à leur égard et saura, le cas échéant, rappeler ses engagements.
Un mot sur l’établissement Notre-Dame de Bétharram : cette institution, réputée pour ses conditions « strictes » d’accueil des jeunes, fait l’objet d’une information judiciaire. Durant des décennies, des violences exercées à l’encontre des élèves ont été dénoncées, mais, comme bien souvent dans l’enseignement catholique, l’omerta prévaut ; la parole des victimes, dans pareils cas, doit être prise au sérieux tout comme les témoignages d’ex-enseignant·es. Se pose la question des responsabilités et surtout du manque de contrôle de ces établissements. C’est une évidence, les contrôles doivent être renforcés et les Organisations Syndicales, qui ont une certaine expertise, doivent avoir les moyens d’alerter si besoin. De tels scandales ne doivent plus avoir lieu et au lieu d’avoir recours aux slogans prônant le retour à l’autorité, le ministère doit plutôt mettre en place une politique efficace de protection de l’enfance. Au-delà de ces contrôles, la CGT Éduc’action et la CGT Enseignement privé continue d’exiger la nationalisation de l’enseignement privé sous contrat et la fonctionnarisation des personnels.
Pour finir, puisque l’attractivité est l’enjeu majeur de notre ministère, rappelons-le : il est financier évidemment mais il est aussi sur les conditions de travail et le sens que les collègues peuvent donner à ce qu’elles et ils font. L’amélioration de l’attractivité de nos métiers passe par la revalorisation indiciaire pour tou·tes sans contrepartie, l’indexation de la valeur du point d’indice sur l’inflation et l’ouverture de négociations sur les grilles salariales, l’abandon de la réforme des retraites, abandon de toutes les réformes de tri social, des réformes des bacs et des lycées, de Parcoursup, les créations massives de postes dans tous les corps, l’abandon du Choc des savoirs, l’abandon du Pacte, la création d’un statut de catégorie B pour les AESH et les AED, le report du déploiement Opale, la titularisation de tous les précaires sans condition de concours ni de nationalité.
Réponses de la Rectrice aux différentes déclarations liminaires.
• Inquiétude exprimée par tout le monde sur l’obscurantisme. Tout le monde partage ces constats.
• Choc des savoirs : latitude laissée par la ministre sur la mise en oeuvre en 4ième et en 3ième. Solution : laisser les collègues décider de cette mise en oeuvre. Localement, s’appuyer sur les équipes pour mobiliser sur les ressources
• EVARS : la Rectrice valide le besoin de formationsqui se feront dans le cadre de l’EAFC pour ne pas déléguer aux associations. La rectrice serait favorable à une conférence de presse pour soutenir la mise du programme EVARS et rassurer les parentset montrer aux parents que cet enseignement est nécessaire.
• Contrôle des établissements privés. Il y a des contrôles réguliers des établissements sous contrat et hors contratmais les inspections portaient plutôt sur les aspects pédagogiques et la sécurité des établissements. La ministre a lancé la campagne « Brisons le silence, agissons ensemble ». Un plan de contrôle sur 3 ans est prévu sur le 1er et 2nd degré qui va porter sur le climat scolaire.
• Pass culture : Un stop a été mis sur Adage dans les conditions budgétaires, au moment où les 50 millions de la partie collective était atteinte. Pour notre académie, 98% de nos établissements avaient déjà validé leurs demandes. Contrairement aux craintes exprimées, nos élèves ne manqueront pas d’accès à la culture. Délégué interministériel à la culture. Un groupe de travail très dynamique au niveau de l’académie de Nantes sur l’éducation à la culture pour garantir une éducation artistique et culturelle pour tou·tes les élèves et pour chaque élève.
Concernant le Pass culture, la CGT Éduc’action ne partage bien évidemment pas l’enthousiasme de Madame la Rectrice. Les retours de terrains nous indiquent au contraire un nombre très important de projets qui ne se font pas et qui ne se feront pas.