Comportement assassin et déni de solidarité de la France et de l’Europe

ACCUEIL DES MIGRANTS

Le 10 juin, le ministre de l’Intérieur du nouveau gouvernement italien a refusé d’accueillir le navire humanitaire Aquarius avec à son bord 629 migrants.
La CGT condamne cette décision mettant en danger de mort ces personnes, irrespectueuse des principes de solidarité et d’assistance aux personnes en danger, inhumaine mais sans surprise venant d’un gouvernement de coalition entre parti libéral et parti d’extrême droite.
Ce navire de 70 mètres immatriculé à Gibraltar n’est pas prévu pour recevoir autant de personnes. En cas de mouvement de foule, il y a un risque d’accident et de drame très important.
Que fait l’État du pavillon de ce navire ? Prend-t-il ses responsabilités pour assurer la sécurité de ce navire ?
La CGT condamne également la gestion de ce nouveau drame par les États de l’Union Européenne :
- le refus de Malte d’accueillir l’Aquarius ;
-  les plaisanteries intempestives et intolérables des Premiers ministres belge et français ;
-  le silence honteux et coupable de la France, notamment de ses ministres de l’Intérieur et des Affaires étrangères, comme du président de la République.
Finalement, c’est l’Espagne qui a décidé d’accueillir l’Aquarius, pourtant pas en état d’aller au premier port espagnol sans risque, situé à deux jours de mer (par beau temps). C’est donc le seul pays européen qui aura fait preuve d’humanité et de respect vis-à-vis des migrants. Cet événement aurait pu être tragique au regard du cimetière qu’est devenue la Méditerranée.
À la veille des élections européennes, la CGT dénonce et combat les politiques qui font de l’Europe une forteresse : une forteresse entourée des murs de l’indifférence à la détresse humaine et à l’aspiration à vivre, conséquence de la politique néolibérale menée au niveau mondial où l’argent a plus de valeur que la vie.
La France, pays des Lumières et des Droits de l’Homme, est restée silencieuse. Ce silence assourdissant s’inscrit dans sa politique honteuse, à l’image du projet de loi « Asile et Immigration » :
- détention des migrants dont des réfugiés et des enfants alors qu’ils ne sont pas des criminels ;
- délit de solidarité pour les aidants ;
- droit de recours limité ;
- volonté du gouvernement « d’éviter les départs » de migrants de leur pays d’origine, même si cela doit passer par l’esclavage ou la torture, des « tris », comme c’est le cas en Libye notamment.
Cette politique gouvernementale n’est pas « et de gauche et de droite », elle est d’extrême droite et porte en elle la face la plus noire de notre histoire contemporaine.
La CGT exige de l’État français qu’il soit digne, solidaire et accueillant, à l’image de la France et de ses Lumières qui ne doivent être éclipsées par le spectre du populisme et de la démagogie.

Montreuil, le 12 juin 2018

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